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Domaines d'intervention / Changement climatique / Cadre réglementaire / La politique internationale

Changement climatique

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Cadre réglementaire

La politique internationale 

 

Une mobilisation internationale exemplaire

  • L'effet de serre, ce n'est pas nouveau
Né en février 1859, Svante Arrhenius est l’un des plus célèbres physiciens suédois. Dans un article publié en 1896, il estime qu’un doublement de la concentration dans l’air du gaz carbonique accroîtrait la température moyenne globale de 5°C. A la fin des années 1930, un ingénieur britannique arrive aux mêmes conclusions. Dans un mémoire, Guy Stewart Callendar affirme que l’accroissement de 10 % du taux de CO2 observé entre 1890 et 1930 est la cause du réchauffement des températures moyennes. Selon lui, un doublement de la concentration atmosphérique de CO2 pourrait élever de 2°C la température globale. Cet « effet Calendar » s’impose dans la communauté scientifique à la fin des années 1950. A cette époque, l’océanographe américain Roger Revelle écrit que l’océan absorbe moins rapidement que prévu le CO2 émis par les activités humaines. Conclusion : le surplus reste dans l’atmosphère et réchauffe le climat. En 1965, un comité scientifique alerte le président américain Johnson de possibles dangers d’un réchauffement climatique. En 1969, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) vote une résolution appelant à étudier le climat. Deux ans plus tard, 14 pays lancent le premier programme de recherches sur l’impact des activités humaines sur le climat : le SMIC.
  • Les scientifiques, toujours en pointe
En 1979, un sommet réunissant à Genève 300 experts de 50 pays fait le point. Il tient en peu de mot : « il existe une réelle possibilité », écrivent-ils, que l’accroissement de la teneur en CO2 dans l’atmosphère « puisse engendrer d’importants changements à long terme du climat global. » Les recherches se poursuivent. En octobre 1985, à l’appel de l’ONU, des experts de 29 pays, riches et pauvres, se retrouvent à Villach (Autriche). Les climatologues s’accordent sur le fait que le doublement de la concentration en gaz à effet de serre (GES) pourrait, en un siècle, accroître la température moyenne globale de 1,5°C à 4°C. Ce qui occasionnerait à la planète de graves effets.
  • Naissance du Groupement Intergouvernemental pour l'Evolution du Climat (GIEC)

En 1988, Toronto accueille la première réunion internationale consacrée au changement climatique et à ses répercussions sur la sécurité internationale. Dans la foulée, l’OMM et le PNUE lancent le Groupement Intergouvernemental pour l'Evolution du Climat (GIEC). Ce réseau mondial de chercheurs devra établir, régulièrement, le bulletin de santé du climat mondial. En 1990, le GIEC publie son premier rapport d’évaluation. Dans ce document, les chercheurs confirment que le climat se réchauffe. Un phénomène qui, selon eux, n’a pas seulement des causes naturelles. C’est sur cette base que 150 chefs d’Etats et de gouvernements du monde signent, en juin 1992, la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Son but : « stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. » En conclusion, le texte appelle les pays industrialisés à stabiliser leurs émissions de GES au niveau de celui de 1990. Trois ans plus tard, le GIEC publie son second rapport d’évaluation. La hausse du thermomètre mondial est confirmée : « L’analyse des preuves suggère qu’il y a une influence humaine discernable sur le climat global » , indiquent les scientifiques. Selon eux, un doublement de la teneur en gaz carbonique, aux environs de 2050, accroîtra la température globale moyenne de 1,5°C à 4,5°C.

  • Première contrainte carbone
Décembre 1997, les pays ayant ratifié la CCNUCC adoptent, à Kyoto, un protocole à la convention. Le texte contraint une quarantaine de pays industrialisés (mentionnés dans l’annexe 1 du protocole) à maîtriser d’ici à 2012, leurs émissions de GES. Les pays de l’Union européenne doivent réduire de 8 % leurs émissions (la France doit stabiliser les siennes). Les Etats-Unis devront baisser de 7 % les leurs. Soit un point de plus que le Japon. Les pays émergents et en développement sont exemptés de toute contrainte carbone. Il faudra trois ans pour que les règles d’application du protocole de Kyoto soient adoptées. Au même moment, le GIEC publient les premiers résultats de son troisième rapport d’évaluation (qui sera publié l’année suivante). Une phrase retient l’attention : « le rythme du réchauffement est le plus rapide observé depuis ces 10 000 dernières années. »
  • Un rapport qui fait date

C’est à Paris, en février 2007, que le GIEC publie, le premier tome de son quatrième rapport d’évaluation. Le ton n’est pas à l’optimisme. « On peut avancer avec un degré de confiance très élevé que les activités humaines menées depuis 1750 ont eu pour effet net de réchauffer le climat », avancent les climatologues. « Il est très probable que les températures moyennes dans l’hémisphère Nord ont été plus élevées pendant la seconde moitié du XXème siècle que durant n’importe quelle autre période de cinquante ans au cours des cinq derniers siècles, et il est probable qu’elles ont été les plus élevées depuis 1 300 ans au moins », poursuivent-ils. Partout, reprennent-ils, les glaciers et le froid reculent. La montée du niveau des mers s’accélère. Des systèmes hydrologiques commencent à être perturbés. Conclusion : « La poursuite des émissions de GES au rythme actuel ou à un rythme plus élevé devrait accentuer le réchauffement et modifier profondément le système climatique au XXIème siècle. Il est très probable que ces changements seront plus importants que ceux observés pendant le XXème siècle. » Selon les climatologues, tous les efforts doivent être faits pour limiter à 2°C (par rapport au XVIIIème siècle) le réchauffement climatique. Ce qui implique de stabiliser à 450 ppm la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre (contre 385,2 ppm aujourd’hui). Pour atteindre ce niveau, les émissions doivent être réduites de moitié en 2050, par rapport à celles de 1990. Les pays les plus industrialisés devront baisser les leurs de 80 %. Les plus grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Indonésie) devront faire culminer leurs émissions vers 2020 puis les réduire de 15 % à 30 % d’ici à 2050.

Les scénarii du GIEC, en chiffres
Concentration en CO2 (ppm)
Augmentation de la température (par rapport à l’ère pré-industrielle)
Année du pic des émissions
Evolution des émissions en 2050 (par rapport à 2000)
350-400
2°C - 2,4°C
2000-2015
-50 % à -85 %
440-440
2,4°C -2,8°C
2000-2020
-30 % à -60%
440-485
2,8°C - 3,2°C
2010-2030
-30 % à +5 %
485-570
3,2°C - 4°C
2020-2060
+10 % à +60 %
570-660
4°C - 4,9°C
2050-2080
+25 % à 85 %
660-790
4,9°C - 6,1°C
2060-2090
+90 % à +140%
Source : 4ème Rapport d’évaluation du GIEC, 2007
> Les outils de Kyoto
 
Le protocole de Kyoto a créé trois mécanismes économiques : le mécanisme de développement propre (MDP), la mise en œuvre conjointe (MOC) et l’échange de quotas d’émissions. La MOC et le MDP ont pour objet de faire financer par les pays industrialisés des projets permettant de réduire les émissions de GES. En contrepartie, les pays hôtes émettent des crédits d’émission de CO2 qui peuvent être utilisés par le financeur. L’échange de quotas est un autre dispositif. Chaque Etats ayant ratifié « Kyoto » se voit allouer des quotas d’émissions. Il est libre de les utiliser comme bon lui semble.
 
> La diplomatie du climat
Les négociations climatiques ont remodelé les contours de la géopolitique. Les principaux acteurs de ces négociations sont : l’Union européenne, l’Aosis (43 Etats-îles inquiets des répercussions de la montée des eaux), l’Umbrella (des alliés traditionnels des USA), le G77 (regroupe la plupart des pays en développement), les pays les moins avancés (ils sont 49) et les producteurs de pétrole. Ces derniers mois, certaines « familles » se sont lézardées. Brésil, Mexique, Chine et l’Inde ne sont ainsi plus opposés à des contraintes carbone. Une position qui tourne le dos au discours habituel du G77.
  • Les partenariats internationaux
Pour compléter le protocole de Kyoto, plusieurs conventions thématiques ont été mises en œuvre ces dernières années. Le Methane to market partnership vise à réduire les émissions industrielles de ce gaz. L’Asia-Pacific Partnership for Clean Development and Climate entend banaliser les meilleures pratiques climatiques dans les entreprises américaines, chinoises, indiennes, japonaises, australiennes et sud-coréennes. Créé en 2003, le Carbon Sequestration Leadership Forum organise les échanges dans le domaine de la séquestration du CO2. Lancé, en mai 2007 par George Bush, le Forum des Économies Majeures sur l'Énergie et le Climat organise le dialogue entre les 16 principaux pays émetteurs de GES.

Quelques politiques climatiques internationales

  • Les actions américaines
Même s’ils n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto, les Etats-Unis ne sont pas inactifs. Washington finance des recherches dans les domaines de la séquestration du CO2 ou des voitures économes. Au niveau local, près de 400 maires se sont engagés à intégrer la problématique climatique dans la politique communale. Depuis quelques mois, les industriels d’une dizaine d’Etats du nord-est utilisent un marché de quotas d’émissions de gaz carbonique. Le Congrès examine deux propositions de loi ambitionnant de réduire, en 2020, de 17 à 20 % les émissions américaines.
  • Un Japon ambitieux
« Kyoto » oblige l’archipel à réduire ses émissions de 6 % en 2012 par rapport à celles de 1990. Le Japon développe les énergies renouvelables, la maîtrise de la consommation d’énergie et achète de gros volumes de crédits internationaux. Tokyo a ainsi débloqué 5,7 milliards de yens (36 millions d’euros) pour acquérir des crédits d’émissions. Cette initiative a été complétée par la création, en 2004, du Fonds carbone japonais et par de nombreuses opérations de financement de projets MDP par les entreprises. En 2009, le gouvernement travailliste a indiqué vouloir réduire d’un quart les émissions nipponnes d’ici à 2020.
  • Une Chine qui agit
Devenue, en 2007, le premier émetteur mondial de gaz carbonique, la Chine mène de front plusieurs politiques climatiques. Dans son 11ème plan quinquennal (2006-2010), la Chine s’est engagée à améliorer de 20 % l’efficacité énergétique de son industrie. Beijing met, par ailleurs, en service de très importants moyens de production d’électricité utilisant les énergies renouvelables. Elle prévoit aussi de construire, à terme, une cinquantaine de réacteurs nucléaires. En novembre 2009,0 Beijing a annoncé son intention de baisser son « intensité carbone » (la quantité de CO2 émise par point de PIB) de 40 à 45 % d'ici 2020 par rapport à 2005.
  • L'Inde s'active
Quatrième émetteur mondial de CO2, l’Inde a tardé à mettre en œuvre une politique de lutte contre le changement climatique. Au début de l’année 2009, New Delhi a confirmé vouloir déployer 20 000 MWc de centrales photovoltaïques d’ici à 2020. L’Inde prévoit aussi de bâtir une vingtaine de nouveaux réacteurs, ces douze prochaines années. Quelques jours avant l’ouverture du sommet de Copenhague, le ministre indien de l’Environnement a annoncé que son pays s’engageait à réduire de 20 % à 25 % son intensité carbone (la quantité de CO2 émise par point de PIB) d’ici à 2020.

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